mercredi 28 janvier 2026


Baise en Ville, le teaser
posté par Professor Ludovico dans [ Les films ]

Vous attendez quoi, vous ? Expandables 5 ? Star Wars 14 ? Aquaman Endgame ? Moi, j’attends Baise en Ville, le sequel de Grand Paris, la franchise de Martin Jauvat.

Pas d’hélicos, pas de bombe nucléaire à désamorcer, mais des superhéros, oui : Martin Jauvat lui-même. Dans la franchise RER B – Chelles – Saint Rémy les Chevreuse, est-ce que notre Martin passe son permis, ou est-ce qu’il sort – enfin –  avec une fille ?

Stay tuned.

CineFast, embedded en Seine & Marne, vous raconte la suite. Bientôt.




mardi 27 janvier 2026


John Wick
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

On cherchait un successeur à Michael Bay, et on l’a peut-être trouvé dans la personne de Chad Stahelski, ancien cascadeur de Matrix reconverti cinéaste fluorescent par la grâce de Keanu Reeves.  

On a fini par se résoudre, sous le doux lobbying des Hellogeekettes, à regarder premier épisode de la franchise. Question de crédibilité cinématographique pour le Professore Ludovico.

On n’est pas déçu : John Wick est magnifique, beau et con à la fois, comme un bon Michael Bay. Le pitch à lui seul est digne de Pétrarque : le pauvre John vient de perdre sa femme, elle lui avait offert un chien avant de mourir. Un voyou russe lui vole sa bagnole et tue le chien. Deux bonnes raisons de se venger, et c’est parti pour une heure trente-sept minutes de bastons chorégraphiés, fusillades dantesques et cascades de bagnole. Ça sent pas le Bourdieu, ni la morale à deux balles…

Tout cela est éclairé comme la Sainte Chapelle par Jonathan Sela, avec une DA de toute beauté ; ambiance vertes, bleues, violettes, parsemées ici et là de taches de couleur. Tout simplement magnifique.

Mais le vrai génie de John Wick, c’est de savoir où il habite ; sa force, d’être pile au niveau où il prétend être : pas un film prétentieux, mais bien un pur divertissement totalement assumé.

Ça donne immédiatement envie de voir la suite.




vendredi 23 janvier 2026


Mitterrand Confidentiel
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Le cinéma, c’est des maths, c’est de la physique. Il y a des axiomes et des théorèmes. Par exemple, Biopic = attitude révérencieuse vis-à-vis du personnage principal, ou Reconstitution Historique = dialogues irréalistes portés des personnages ni convaincus (ni convaincants) dans leur rôle pédagogique.

Bon bah, voilà les maths, ça marche toujours. Mitterrand Confidentiel = biopic pas clair sur Tonton + acting qualité français.  Pas de point de vue : Mitterrand est-il un gars bien, un socialiste de pacotille, un amant merveilleux, un détourneur de teenager ? On ne sait pas ce qu’en pense Antoine Garceau, le « showrunner », terme autour duquel on met de gros guillemets, vu qu’il n’y a pas de show que le Antoine, il na pas l’air de runner grand-chose.

La série de quatre épisodes survit pour deux raisons ; la nostalgie des Années Tonton et d’avoir à sa tête un très grand acteur (Podalydès) époustouflant dans sa métamorphose : il imite mais ne singe jamais le grand homme… Aidé, il est vrai, par le meilleur dialoguiste de la série, Mitterrand François : « Je veux la rupture, la rupture avec le monopole », « Le nationalisme, c’est la guerre », « Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas »…

La colonne vertébrale de Mitterrand Confidentiel serait donc Tonton et ses femmes (Danielle, Anne). Mais voilà, le jeune Mitterrand (Baptiste Carrion-Weiss) est aussi séduisant et charismatique qu’un parpaing. Et ça pique un peu les yeux de voir Judith Chemla (Anne Pingeot) embrasser goulûment Podalydès en septuagénaire.  

Ultime équation, à apprendre par cœur : Docudrama + Soap Opera = patatras…




mercredi 21 janvier 2026


La Bataille du Rail
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films ]

Mais quel film ! Documentaire, film de guerre, thriller, film d’action, propagande Eisensteinienne : les qualificatifs manquent pour genrer le film de René Clément.

La Bataille du Rail, cette exaltation à sens unique de la résistance SNCF (pas un seul collabo à l’horizon*), fut réalisé immédiatement après la guerre (en 1946) avec peu de moyens, sauf ceux de la SNCF. Celle-ci ne lésine pas devant ce film d’entreprise avant l’heure : on y jette un vrai train dans le talus pour une séquence d’anthologie.  

Le film suit une myriade de personnages, à tous les échelons de la compagnie ferroviaire : cheminots, gardes-barrières, cadres administratifs, qui œuvrent tous à ralentir voire détruire les convois de ravitaillement allemands pendant le Débarquement de Normandie.

Pas d’acteur connus, des images un peu floues, parfois accélérées pour donner de l’intensité aux cascades (George Miller fera pareil pour Mad Max), des dialogues doublés à l’arrache, mais aussi des séquences inoubliables. Le train qui déraille, la bataille finale qu’aurait pu signer Michael Bay s’il était né plus tôt, et des scènes poétiques que n’aurait pas reniées le cinéaste du Cuirassé Potemkine (les cheminots attendant leur exécution).

Le film oscille toujours entre le documentaire, le film d’action, et la poésie quasi expérimentale. Ainsi, pas un personnage allemand ne parlera français, ni ne sera sous-titré. Ce qu’on appelle au cinéma le transfert, c’est à dire la mise in situ du spectateur dans l’angoisse des protagonistes de ces heures sombres.

Un must, on vous dit.

* En fait, un seul : « Parle pas devant ce gars-là, il est pas sûr… »




mardi 13 janvier 2026


Des Hommes d’Honneur
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Brèves de bobines -Les films ]

Incroyable mais vrai : on a oublié de chroniquer Des Hommes d’Honneur, un des films fétiches du Professore Ludovico, déjà vu et revu. Fétiche parce que Tom Cruise et Demi Moore au sommet de leur talent, fétiche parce que séquence-culte de Nicholson, fétiche parce que beaucoup de petits jeunes qui vont devenir grands y font un passage : Kevin Bacon, Kiefer Sutherland, Kevin Pollak (Usual Suspects), James Marshall (Twin Peaks), Matt Craven (un habitué des Michael Bay), Xander Berkeley (second rôle un peu partout), Noah Wyle (Urgences), Cuba Gooding Jr., Joshua Malina (The West Wing)…

C’est aussi les débuts de notre idole : Aaron Sorkin y écrit son premier scénario tiré de sa pièce ; il fait même un cameo en avocat.

On ne vous fera pas l’injure de raconter l’intrigue, mais simplement rappeler un des adages de CineFast : on peut critiquer ce que l’on aime, ici l’armée, le patriotisme, ce dont Sorkin ne s’est jamais privé.

Des Hommes d’Honneur a plus de trente ans et se déguste toujours comme un bon cheesecake.




lundi 12 janvier 2026


Los Angeles elegy
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Le Professor a toujours quelque chose à dire... ]

Il y a un an, Los Angeles brûlait. Nous avions commencé ce post, jamais publié. Pour ce triste anniversaire, on se lance malgré une Amérique qui ne fait plus trop envie… Mais quand on suit Gavin Newson, le sarcastique gouverneur démocrate de Californie, et principal contempteur de Trump via des posts Instagram délirants et hilarants dans le plus pur style MAGA, c’est peut-être de là que viendra le salut.

Janvier 2025 : la Cité des Anges, l’Usine à Rêves brûle comme dans un action movie des années 80. Malheureusement, Bruce Willis ne viendra pas tirer Jamie Lee Curtis et son bébé de sa maison en flammes, aux commandes d’un hélicoptère des Navy Seals.

Si L.A. brûle, c’est en partie par la faute des idiosyncrasies américaines. Si le réchauffement climatique qui n’est pas dû qu’aux californiens, ils en sont l’exemple le plus évident : surconsommation (notamment de pétrole et de viande), place démesurée allouée à la voiture, frénésie immobilière sans plan urbanistique*, services publics en berne**, assurances annulant leurs clauses incendies, etc. 

Los Angeles brûle aussi pour d’autres raisons. Cette ville n’a pas d’eau, elle n’en a jamais eu et n’en aura jamais. La Los Angeles River qui a donné son nom à la ville est un filet d’eau grise (que l’on voit par exemple dans Tonnerre de Feu ou Grease). L’eau a été amenée de force, par l’aqueduc créé par William Mulholland au début XXe siècle. Un aqueduc volant l’eau des plateaux environnants et de ses paysans, pour nourrir une ville grossissant chaque jour à vue d’œil***.

Mais voilà, notre cœur est brisé, car cette ville, le plus souvent moche et vulgaire, a une âme, et une histoire.

Si la Cité des Anges est globalement moche, c’est qu’elle est le résultat de l’accumulation de quartiers sans queue ni tête, sans plan d’urbanisme, ce qui fait que l’on passe d’un bloc à l’autre, d’un quartier très chic à un quartier très pauvre. L’européen y perd ses repères : le centre-ville qui recèle quelques merveilles architecturales dont le Bradbury Hotel de Blade Runner, est plutôt mal famé, même s’il est en voie de gentrification. Au contraire, les banlieues pavillonnaires sont riches (à l’ouest), ou pauvres (au sud et à l’est). Le Hollywood Boulevard****, fréquenté par les touristes en quête de rêve hollywoodien est un quartier limite dangereux la nuit tombée.  

Pourtant cette ville a une histoire, et cette histoire n’est pas banale. D’abord celle des missions catholiques du Camino Real, le Chemin du Roi, qui relie toute la côte Pacifique jusqu’au Mexique. De sorte que toutes les villes ont des noms espagnols : San Francisco, Santa Monica,  San Diego. L’une de ces missions était celle de El Pueblo de Nuestra Señora la Reina de los Ángeles, « ville » bâtie dès 1781. Ce pueblo, on peut le voir encore aujourd’hui, Mont-Saint-Michel pour touriste, presque à l’écart de la ville. C’est le Los Angeles de Zorro.

Puis les Américains ont repris la Californie et la ville a commencé à se développer. D’abord, par les vergers, plantations d’orangers qui couvraient les collines d’Hollywood, et qui étaient reliés par le train jusqu’au centre de la ville, Downtown L.A.… Et comme la ville ne cesse de se développer, il fallait de l’eau. L’aqueduc de Monsieur Mulholland fut la solution. La ville poursuivit son développement tentaculaire dans les années 20 avec un réseau de tramway et de train très conséquent*****.

Et puis il y a quelques merveilles comme Downtown L.A., et ses bâtiments Art Deco, souvent défraichis (le passé n’intéresse pas les Américains), la Villa Getty, les Tar Pits, les plages, Malibu. Et pour les plus curieux, la longue histoire criminelle de Los Angeles : le Dahlia, la Manson family, l’affaire OJ Simpson…

Il y a bien sûr – et c’est ce qui nous intéresse ici – l’histoire Hollywoodienne : les studios, les villas des stars à Bel Air, les cimetières emplis de stars (Hollywood Forever, Forest Lawn, Westwood Memorial Park) ou encore les multiples lieux de tournage qui rendent L.A. si familier au touriste, l’impression de vivre au milieu des films ou des séries…

Nul doute que la Cité se reconstruira, elle qui attend depuis toujours le Big One, le tremblement de terre qui détacherait la Californie du reste des Etats-Unis. A moins qu’elle ne fasse sécession autrement : une séparation politique de l’Amérique trumpiste, elle qui se sent si californienne avant d’être américaine…

* Ironie de la situation, pour une fois ce sont les ultras riches de Pacific Palisades, ceux qui ont des Tesla, des piscines et des mansions gigantesques qui ont été touchés par la catastrophe.

** La mairie a réduit le budget des pompiers de 17M$ sur 2024-2025.

*** Raconté en filigrane dans Chinatown

**** Le Grauman’s Chinese Theatre, le Dolby Theater des Oscars, la cinémathèque (L’Egyptian), le Cinerama de Once Upon a Time in Hollywood, ou le Walk of Fame, avec les étoiles sur le trottoir…

***** Et oui, on a du mal à le croire, mais il y avait beaucoup de transports en commun à L.A. Au début, pour inciter l’investissement, on donnait les terrains à droite et à gauche de la voie à ceux qui construisait les tramways, comme pour le train qui traversa les États-Unis au XIX° siècle. Ce fameux modèle là aussi vola en éclat dès lors que les terrains furent valorisés, construits et vendus. Plus aucun intérêt à supporter les charges de transports en commun peu rentables… Hollywood Boulevard est ainsi l’ancien tracé de la voie ferrée qui reliait les vergers au centre-ville.




vendredi 9 janvier 2026


L’Agent Secret
posté par Professor Ludovico dans [ Les films -Les gens ]

Au bout d’une minute, c’est facile de déceler un cinéaste. Au bout d’une minute, on sait que Kleber Mendonça Filho en est un. Une station-service au milieu des champs de maïs, une coccinelle VW qui s’approche, un fluide mouvement de grue qui descend, des pieds qui dépassent d’un carton à même le sol : est-ce le pompiste qui glandouille au soleil, ou un cadavre ? On a compris : on est au cinéma. Ou plutôt dans le cinéma de Kleber Mendonça Filho.

La confusion des genres, c’est rare parce que c’est dangereux. Mais comme tous les grands cinéastes, comme Lynch, Mendonça Filho n’a pas peur, et il s’y risque. Le Kleber va donc oser plein de défis casse-gueules. Un long thriller politico-familial, une course-poursuite, une séquence gore, un slasher-coup de pied au cul, et, le drame, la tragédie d’un homme, l' »agent secret »…

Formidablement porté par Wagner Moura, LE Pablo escobar de Narcos démontre toute la plasticité de son jeu. Mince, souriant, résistant à la dictature brésilienne des années 70, il inonde le film de sa lumière. 2h40 et on en redemande…  




mardi 6 janvier 2026


Pluribus
posté par Professor Ludovico dans [ Séries TV ]

Il reste encore un peu de temps de cerveau disponible à Hollywood. Vince Gilligan, dont nous avions peu goûté le macabre Breaking Bad, fait avec Pluribus un retour tonitruant.

E pluribus unum, « un parmi plusieurs », n’est pas un choix innocent pour une série. Référence à la devise du sceau des Etats-Unis (en souvenir de l’intégration des 13 colonies fondatrices), elle sous-entend que l’union fait la force…

Sans dévoiler l’intrigue, qui tourne autour de la fin du monde, la série décale dans les grandes largeurs le cliché en partant, comme il se doit, d’un formidable personnage principal. Carol Sturka (Rhea Seehorn, explosive) est une écrivaine spécialisée dans la chick-lit. Plutôt insatisfaite malgré son succès, plutôt en pétard quand arrive la catastrophe.

A partir d’un principe qui, s’il était dévoilé ici, gâcherait tout, Vince Gilligan inverse tous les tropes de l’invasion et dénoue ce personnage-pelote en prenant tout son temps. C’est à dire en allant contre tous les principes narratifs (aller vite, rebondir, changer de pied…) Au contraire, le showrunner installe toutes ses scènes dans la durée. Ainsi, on verra une femme charger un avion, s’installer aux commandes, faire la check-list, démarrer le moteur 1, puis le moteur 2, puis le moteur 3, avant de finalement décoller.

Pourquoi perdre tout ce temps ? C’est en réalité un vrai parti-pris d’artiste : ce temps n’est pas perdu pour le spectateur : il réfléchit, et les questions (et donc les enjeux ) surgissent : le malaise s’installe. Pourquoi cette femme qui ne ressemble pas à un pilote se retrouve aux commandes d’un quadrimoteur ? Pourquoi ne parle-t-elle pas à la tour de contrôle ? Et où va-t-elle ?

Ce sentiment d’étrangeté, de gêne, nous met exactement au même endroit que Carol face à l’invasion. Vince Gilligan, lui, fait confiance à l’intelligence et à la créativité de ses spectateurs pour inventer la suite.

L’autre intérêt du show, c’est l’amas de sous-textes possibles. Derrière ses airs de ne pas y toucher, Pluribus est une série éminemment politique sur la normalité, l’unité, et ce que veut dire vivre ensemble.

Et il y apporte une réponse plutôt ambiguë. Faut-il vraiment être parfaitement unis ? Et avec qui, avec quoi au juste, sommes-nous d’accord ?




mercredi 31 décembre 2025


Sabrina
posté par Professor Ludovico dans [ A votre VOD -Les films -Les gens -Pour en finir avec ... ]

Les grands films meurent aussi. Qu’est-ce qu’il reste de Sabrina, soixante-dix ans après ? Pas grand-chose. Un Billy Wilder feignant, avec pourtant la crème de l’époque : Bogart, Holden et bien sûr Audrey Hepburn.

L’intrigue déjà ne tient pas la route, trop mollement traitée par Wilder. En gros, une histoire de Cendrillon 50s. Audrey Hepburn est la fille du chauffeur d’une grande famille de richards de Long Island. Elle est amoureuse du cadet (Holden), un playboy qui enchaîne les mariages et ne la regarde même pas. La jeune ingénue tente de se suicider, mais finit par aller à Paris pour (sic) apprendre la cuisine. Elle revient transformée en icone de l’élégance parisienne. Le bon vieux temps où la France rayonnait !!

Le playboy tombe immédiatement amoureux d’elle. Pas de chance, on est à l’aube d’un mariage qui arrange les affaires de la famille :  en gros, le roi du vitrage épouse l’héritière du roi du plastique.  

L’ainé, que rien n’intéresse à part diriger l’entreprise familiale (Bogart), prend l’affaire en mains. Il se dévoue pour sortir la belle et la réexpédier manu militari à Paris. Evidemment, in the process, il tombe amoureux d’elle.

Comédie amère ? Tragi comédie sociale ? Billy Wilder ne sait pas trop où il habite (c’est son dernier film à la Paramount, ceci expliquant peut-être cela) et les acteurs mâles cachetonnent, tandis qu’ Audrey Hepburn tente de jouer. Nous tenons cette information de Notre Dame de Nazareth : a-t-elle jamais interprété un grand rôle ? A part My FairLady, dans le panthéon personnel du Professore Ludovico, on ne voit pas. Elle tient sa place, mais uniquement grâce son incroyable beauté, son charme discret, et le modernisme de son look (entourée de grands couturiers et bijoutiers) qui l’érige en icône de la mode.

Elle l’est encore aujourd’hui. Il y a pire comme destin.




mardi 30 décembre 2025


Brigitte Bardot, le paradoxe à trois corps
posté par Professor Ludovico dans [ Hollywood Gossip -Les gens -Pour en finir avec ... ]

L’icône nationale est morte. Brigitte Bardot fut un paradoxe vivant, incarnant trois corps successifs. Bombe de sexualité libératrice dans les fifties (et le si bien nommé Dieu Créa la Femme). Fière Marianne, Bardot devint ensuite une pionnière de la protection animale, puis une boule de haine raciste et homophobe : on ne peut s’empêcher de penser que tout cela est lié.

Bardot fut utilisée, malmenée, maltraitée par le monde du cinéma et les médias. Elle fait partie de la longue liste de victimes de la machine à broyer qu’est l’Usine à Rêves. Abimée par les hommes, elle se retira en compagnie des animaux qui n’ont que leur fidélité à offrir. La haine des hommes avec un petit H devint la haine de l’Humanité, corsetée de déclarations à l’emporte-pièce…

Victime de star system ? Pas uniquement. Bardot n’a pas rencontré les bons réalisateurs, ou n’a tout simplement pas eu l’ambition de le faire.

Pour vérifier cette hypothèse, il suffit de revoir La Vérité. On comprend ce que Clouzot peut tirer de Bardot. Au-delà de plans putassiers sur ses seins ou sur ses fesses (« Tu les aimes, mes fesses ?* »), perce l’actrice, pendant un instant.  

* À ce sujet on peut se reporter à la vidéo édifiante où Godard explique, narquois, comment il a marché sur les mains pour obliger « Bribri » à mettre des jupes plus longues et des cheveux plus courts. Le Mépris, assurément.